Comprendre les impacts de la prise en charge correctionnelle sur la situation de précarité des femmes judiciarisées - Fonds de recherche du Québec - FRQ
Au Québec, plus de 60 % des femmes purgent leur peine dans la collectivité. 

Bien qu’elles ne représentent que 17 % des personnes soumises à des peines en milieu ouvert, le recours à ces mesures à leur égard a augmenté de 12 % en quatre ans. Pourtant les femmes sous surveillance communautaire demeurent un angle mort de la recherche et les pratiques de certaines organisations en charge de leur suivi restent calquées sur les besoins des hommes.

Le principal constat de cette étude est que la précarité multidimensionnelle ne constitue pas seulement un contexte de vie pour ces femmes : elle structure le rythme, le contenu et les priorités du suivi. L’instabilité résidentielle, les difficultés économiques, les responsabilités parentales et la charge mentale liée à la survie quotidienne occupent une place centrale dans leur prise en charge et relèguent au second plan le travail sur les besoins criminogènes, traditionnellement ciblés par le service correctionnel.

Par ailleurs, certaines conditions imposées par la surveillance peuvent accentuer cette précarité. Dans ce contexte, l’efficacité et l’appréciation du suivi repose largement sur la « touche personnelle » du personnel et la qualité de la relation développée avec les femmes en suivi. Actuellement, la surveillance communautaire fonctionne en grande partie parce que le personnel ajuste ses pratiques en priorisant les besoins de base, en investissant la relation, en prenant le temps, en évitant la confrontation et en faisant preuve d’une plus grande flexibilité. Toutefois, ces adaptations reposent sur des initiatives individuelles plutôt que sur une orientation institutionnelle claire. Il devient donc essentiel que le système soutienne explicitement des approches sensibles au genre, afin que ces pratiques adaptées soient reconnues et soutenues, plutôt que vécues comme une entorse au mandat.

Chercheuse principale : Chloé Leclerc, Université de Montréal

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : mars 2026