
Jessica Murphy
Associée de recherche au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée, Université Concordia
Publication primée : The age of obesity onset affects changes in subcutaneous adipose tissue macrophages and T cells after weight loss
Publiée dans : Frontiers in Immunology
Résumé
L’obésité qui commence pendant l’enfance se poursuit souvent à l’âge adulte et augmente le risque de développer un diabète de type 2. L’une des raisons possibles est l’inflammation des graisses corporelles (tissu adipeux), qui est en partie causée par des cellules immunitaires telles que les macrophages et les lymphocytes T. Cette étude a examiné si l’âge auquel l’obésité commence influe sur la façon dont ces cellules immunitaires changent après une perte de poids.
Jessica Murphy et ses collaborateurs ont étudié deux groupes de femmes âgées de 25 à 40 ans souffrant d’obésité : un groupe a développé une obésité avant la puberté (obésité infantile) et l’autre après l’âge de 18 ans (obésité adulte). Chaque participante a suivi un programme de régime alimentaire et d’exercice physique afin de perdre environ 10 % de son poids initial. Les auteurs ont prélevé de petits échantillons de graisse au niveau de l’abdomen et des cuisses avant et après la perte de poids. À l’aide de techniques de laboratoire, l’équipe a mesuré la proportion de différents macrophages (pro-inflammatoires « de type M1 » et anti-inflammatoires « de type M2 ») et de lymphocytes T (CD4+ et CD8+) dans chaque échantillon. Ils ont également mesuré les marqueurs sanguins liés à l’inflammation et à la santé métabolique, ainsi que la rigidité artérielle (un signe de risque cardiovasculaire).
Avant la perte de poids, les deux groupes étaient similaires en termes d’âge, de composition corporelle et de résultats des analyses sanguines. La seule différence était une proportion légèrement plus élevée de macrophages pro-inflammatoires dans la graisse abdominale du groupe ayant développé l’obésité à l’âge adulte. Après la perte de poids, les deux groupes ont montré des améliorations en termes de rigidité artérielle, de taux d’insuline et de marqueurs inflammatoires sanguins.
Cependant, les changements dans les cellules immunitaires différaient selon l’âge d’apparition de l’obésité. Dans le groupe ayant développé l’obésité à l’âge adulte, la proportion de macrophages pro-inflammatoires dans la graisse abdominale a diminué, et la proportion de lymphocytes T CD4+ dans la graisse abdominale et la graisse des cuisses a augmenté. Dans le groupe ayant développé l’obésité pendant l’enfance, les proportions de cellules immunitaires n’ont pas changé de manière significative après la perte de poids.
Ces résultats suggèrent qu’une perte de poids modérée (environ 10 %) peut améliorer certains marqueurs de la santé métabolique chez les personnes atteintes d’obésité infantile et adulte, mais qu’elle peut ne pas être suffisante pour modifier la composition des cellules immunitaires du tissu adipeux chez tout le monde. Les personnes atteintes d’obésité infantile peuvent avoir besoin d’une perte de poids plus importante ou de stratégies différentes pour obtenir des changements similaires au niveau des cellules immunitaires. Étant donné que les changements au niveau des cellules immunitaires dans la graisse peuvent contribuer à maintenir des bienfaits à long terme pour la santé et à prévenir la reprise de poids, des études futures devraient examiner si des traitements adaptés sont nécessaires pour les personnes dont l’obésité est apparue à des âges différents.