Relève étoile Paul-Gérin-Lajoie | Juin 2026 - Fonds de recherche du Québec - FRQ

Karine Desrochers
Étudiante au doctorat en éducation, Université du Québec à Trois-Rivières

Publication primée : Coévaluations formatives élève-élève et enseignant·e-élève : effets sur la compétence à communiquer oralement d’élèves du secondaire

Publiée dans : Revue Didactique – UQAM

Résumé

À travers la francophonie, l’évaluation formative est considérée par plusieurs chercheur·euses comme un facteur clé du développement de la compétence à communiquer oralement : elle favorise notamment la prise de conscience des forces et des éléments à améliorer et tend à diminuer le stress des apprenant·es à l’égard des présentations orales. Pourtant, l’évaluation formative de l’oral est quasi absente des pratiques évaluatives des enseignant·es de français langue d’enseignement au niveau secondaire au Québec. De plus, la coévaluation, moyen susceptible d’être mobilisé dans le cadre d’une évaluation formative de l’oral, semble méconnue des enseignant·es et peu d’études ont été menées à son sujet.

C’est pourquoi les deux objectifs spécifiques de ce projet sont les suivants : 1) mesurer des effets de la coévaluation formative sur le développement de la compétence à communiquer oralement d’élèves du secondaire; 2) décrire des raisons pouvant expliquer ces effets. Pour atteindre ces objectifs, Karine Desrochers et ces collaborateurs ont réalisé une recherche par méthodes mixtes auprès de trois groupes-classes de première secondaire (élèves âgés de 12 et 13 ans). Une séquence d’enseignement a été mise en place, laquelle comprend l’ajout d’une coévaluation formative élève-élève dans le groupe expérimental 1 et d’une coévaluation formative enseignant·e-élève dans le groupe expérimental 2. Les données issues d’un prétest et d’un posttest ont fait l’objet de tests statistiques. Les données découlant d’entrevues menées auprès de six élèves par groupe ont également été analysées.

En lien avec le premier objectif, les résultats quantitatifs indiquent que les deux modalités de coévaluation expérimentées produisent un effet d’amélioration similaire. Concernant le deuxième objectif, 11 raisons permettant d’expliquer l’amélioration des élèves ont été décrites. Plus précisément, la coévaluation élève-élève semble être un levier pour la motivation intrinsèque des élèves, les amenant à se sentir responsables de leurs apprentissages et à consacrer plus de temps à la préparation de leur exposé. La coévaluation enseignant·e-élève, pour sa part, favorise l’amélioration de la confiance en soi des personnes apprenantes, surtout lorsque ces dernières valorisent l’enseignant·e. Ces résultats offrent des pistes didactiques susceptibles de guider les enseignant·es dans la mise en place de leur propre démarche de coévaluation.