Relève étoile Paul-Gérin-Lajoie | Mai 2026 - Fonds de recherche du Québec - FRQ

Emma Laflamme

Candidate au doctorat en psychologie – recherche et intervention, Université Laval

Publication primée : Infant Temperament and Coparenting Support as Antecedents of French-Canadian Fathers’ Autonomy Support During Toddlerhood

Publiée dans : Parenting: Science and Practice / Taylor & Francis

Résumé

Le soutien à l’autonomie offert par les parents joue un rôle essentiel dans le développement sain des enfants, tant sur le plan social, émotionnel que cognitif. Ce type de soutien consiste à encourager l’enfant à faire ses propres choix et à résoudre par lui-même les problèmes, tout en lui offrant de l’aide au besoin et en évitant de faire pression sur lui pour qu’il se comporte d’une certaine façon (contrôle parental). Les facteurs menant à l’adoption de ce type de soutien chez les parents demeurent méconnus, particulièrement chez les pères.

Cette étude, menée auprès de 169 pères québécois et de leur enfant, avait pour but d’identifier certains de ces facteurs. Les pères ont rempli des questionnaires lorsque leur bébé avait 6 mois. Ils ont notamment donné leur point de vue sur le soutien que la mère leur offre dans leur rôle de père et partagé leur perception du tempérament de leur bébé. Puis, lorsque l’enfant était âgé d’un an, le père et l’enfant ont été filmés à la maison pendant qu’ils réalisaient des casse-têtes trop difficiles pour l’enfant. Le degré de soutien à l’autonomie et de contrôle exercé par le père durant cette période a été évalué.

Les résultats ont révélé que les pères qui percevaient leur bébé comme ayant un tempérament plus extraverti, soit caractérisé par de l’agitation et une recherche de sensations fortes, avaient tendance, six mois plus tard, à offrir moins de soutien à l’autonomie et à adopter davantage de comportements contrôlants. Ils ont aussi montré que lorsque les mères offraient davantage de soutien à leur partenaire dans son rôle parental (p.ex., en l’incluant dans les décisions ou en valorisant son engagement), les pères étaient plus susceptibles de soutenir l’autonomie de leur enfant et moins enclins à exercer un contrôle.

L’étude suggère que les comportements parentaux des pères sont influencés par leur perception du tempérament de leur enfant et par la qualité de la relation coparentale avec la mère. En ce sens, les politiques publiques et les programmes d’intervention destinés à soutenir les pères dans leur rôle de parent gagneraient à inclure les mères pour promouvoir une coparentalité harmonieuse et à tenir compte de la perception que le père a de son enfant. Cette recherche met en lumière l’importance de penser la parentalité comme un système dynamique, où les relations entre les deux parents et l’enfant interagissent dès le début de la vie.