Responsible person : 
Paul Carr

Institution : 
Université du Québec en Outaouais (UQO)

Competition year : 
2022-2023

This content is only available in French.

Paul Carr, responsable (Université du Québec en Outaouais [UQO])

Christian Bizimana, citoyen

Secteurs de la recherche : Sciences humaines et sociales; Arts et lettres

Table of contents

  1. RÉSUMÉ DU PROJET

1. RÉSUMÉ DU PROJET

La notion de race ne correspond aux réalités biologiques. Il peut y avoir plus de différences génétiques entre deux personnes dites « blanches » qu’entre une personne dite « blanche » et une personne dite « non-blanche ». Biologiquement, il n’existe qu’une seule race humaine. La méfiance envers l’autre n’est pas nouvelle. Il y a eu de nombreux exemples à travers l’histoire de sociétés où la position sociale de divers groupes était déterminée par leur origine ethnique et raciale. La signification que l’on a accordée à la couleur de la peau, à la religion et à l’origine ethnique a varié avec les époques et les lieux. Les théories de la race ont conduit à la naissance du darwinisme social et des thèses sur la « suprématie blanche », qui seront notamment reprises par les théoriciens du nazisme en Allemagne et ailleurs. Ces théories racialistes développées en Occident ont été utilisées pour justifier la conquête impérialiste du monde par l’Occident chrétien. L’idée de supériorité européenne, formulée notamment dans la doctrine de la « mission civilisatrice » de l’homme blanc, a également été utilisée pour justifier l’établissement du système esclavagiste, qui s’appuyait sur l’idée que « cette servitude contribuerait au rapprochement des populations autochtones de l’idéal de civilisation incarné par les pays occidentaux ». Bien que ce racisme « classique » soit aujourd’hui officiellement répudié, il continue d’avoir une profonde influence sur notre conception du monde. Il se manifeste notamment par les rapports inégalitaires entre les « blancs » et les « non-blancs », par la persistance des inégalités entre les pays du Nord et du Sud global et par le maintien du lien colonial avec les peuples autochtones. La persistance des schèmes racistes, impérialistes et colonialistes en Occident se manifeste également par la perpétuation du racisme, des préjugés et des discriminations à l’endroit des minorités racisées, des immigrants et des peuples du Sud globalement. Ce projet de dialogue entre un citoyen (de race noir) et un chercheur (de race blanche) vise à comprendre pourquoi il est tellement difficile dans la société actuelle d’aborder le thème de la race et aussi comment de tels dialogues pourraient se faire. Le duo a, tous les deux, plusieurs expériences avec la race, le racisme et la racialisation et le chercheur étudie la question depuis trois décennies. Le projet comprend des rencontres, la production des vidéos pur documenter et disséminer le dialogue, des blogues et réflexions, la participation dans un symposium et un article. Le duo a déjà développé une belle complicité et un échange d’idées aussi intéressant que critique. Le projet s’inscrit à l’intérieur de la philosophie des sciences participatives et prend en considération le contexte particulier aujourd’hui où il y a plusieurs débats sur la collecte de données basée sur la race, l’utilisation du mot « n » ainsi que la langue en lien avec la race, des évènements culturels tels que les pièces de théâtre, le profilage racial, la représentation raciale dans les médias, l’utilisation des médias sociaux et le racisme, etc.

Appel à proposition