On les utilise pour remplacer le charbon dans les usines et les bûches de bois dans nos foyers : les granules de bois, notamment ceux qui sont torréfiés pour baisser leur taux d’humidité, constituent une bonne stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et valoriser la biomasse forestière et les résidus de scieries. Mais comment obtenir des granules de bois torréfiés plus stables, plus énergétiques et à moindres coûts ? En les trempant dans l’huile végétale.

La torréfaction à l’huile réduit de beaucoup les coûts de production.

Aziz Laghdir

Chercheur au SEREX, un centre collégial de transfert de technologie affilié au Cégep de Rimouski

Ce traitement novateur, mis au point par Aziz Laghdir, chercheur au SEREX, un centre collégial de transfert de technologie affilié au Cégep de Rimouski, exploite un mode de transfert de chaleur par immersion dans l’huile qui peut être jusqu’à trois fois plus efficace que celui par convection de l’air. De plus, contrairement au procédé traditionnel de torréfaction, le séchage se fait simultanément au traitement thermique. La torréfaction à l’huile réduit ainsi de beaucoup les coûts de production, les coûts pour le séchage et les matières premières représentant à eux seuls 70 à 80 % de la facture.

Autre constat intéressant : la teneur en humidité des granules torréfiés à l’huile diminue à des taux de 2 %, contrairement aux valeurs de 5,5 à 7,5 % pour les granules réguliers. Cette caractéristique rend leur combustion d’autant plus efficace.

Si ce procédé représente une piste intéressante pour diversifier les débouchés des surplus de copeaux de bois au Québec, il reste toutefois du chemin à parcourir pour le déployer à l’échelle industrielle. En effet, tous les tests ont été effectués en laboratoire dans une unité pilote de torréfaction à l’huile développée au SEREX.

Selon le professeur Laghdir, cette unité pourrait en revanche servir d’outil de démonstration pour évaluer la faisabilité technique et économique d’une éventuelle implantation de cette technologie à grande échelle. D’ici là, le chercheur s’affaire à améliorer le traitement, notamment au chapitre du contrôle des effets indésirables de l’huile à certaines étapes du processus.