Chercheur : 
Charalampidis, Nikolaos

Établissement : 
Université Laval

Année de concours : 
2021-2022

L’automatisation, un processus selon lequel les robots remplacent l’homme dans les travaux de routine ? a changé l’organisation de la production avec des conséquences économiques et sociales controversées [Kotlikoff and Sachs, 2012; Autor and Dorn, 2013; Nordhaus 2015; Acemoglu and Restrepo 2017]. Selon des données récentes [OECD, 2020], presque 45% des emplois au Canada pourraient être affectés. Malgré cette sombre perspective pour l’emploi, un contre-argument est que l’automatisation engendre seulement une réallocation des employés entre secteurs de l’économie et génère des emplois.

Bien que les effets à long terme de l’automatisation sur le marché du travail soient connus, ses effets à court terme restent inconnus. Par exemple, est-ce que l’automatisation s’accélère après des récessions? De quelle taille est le pic de chômage après un épisode d’automatisation? Est-ce que l’automatisation empêche l’augmentation des salaires et affaibli la réponse de la demande et de l’inflation aux changements de la politique monétaire? L’automatisation a-t-elle des effets négatifs sur la disponibilité d’épargne via son effet sur la distribution du revenu ?
Ces questions sont importantes car l’automatisation est présente et se diffuse. Par conséquent, elle aura des effets récurrents sur le marché du travail. Une enquête sur ses implications cycliques est nécessaire.

Ce projet a pour but d’examiner les effets cycliques de l’automatisation. En m’appuyant sur mes recherches précédentes [Charalampidis, 2020a], j’étudierai ces effets dans un environnement qui a des employés et des secteurs hétérogènes [Charalampidis, 2020b]. Plus précisément, je développerai un modèle ?Dynamic Stochastic General Equilibrium (DSGE) [Christiano et al., 2005; Smets and Wouters, 2007] qui inclura ces éléments dans un environnement avec des imperfections sur les marchés du travail et des biens. Cette tentative requiert d’assouplir les formulations conventionnelles de la fonction de production. J’introduirai une fonction de production « basée sur la tâche » dans le modèle DSGE qui peut capturer les destructions et créations d’emplois et qui a été proposée récemment dans des modèles d’équilibre partiel [Acemoglu and Restrepo, 2019; Acemoglu and Autor, 2011; Irmen and Tabankovic, 2017].

Après avoir étudié les implications du modèle, je recueillerai des données chronologiques sectorielles sur les salaires, l’emploi et l’investissement au Canada et aux États-Unis. Ces séries capturent les effets de l’automatisation étant donné que des secteurs comme la construction et la fabrication sont plus vulnérables à l’automatisation que les secteurs informatiques et de services. Le but est de combiner les données et le modèle DSGE grâce à une estimation Bayesienne pour quantifier les effets empiriques de l’automatisation.

Le projet approfondira nos connaissances de deux façons. Premièrement, l’introduction d’une fonction de production » basée sur la tâche » dans un modèle DSGE nous informera sur les mécanismes de propagation de l’automatisation. Deuxièmement, la partie empirique du projet  peut révéler la pertinence empirique des mécanismes ci-dessus.