Chercheuse : 
Catherine Arseneault

Établissement : 
Université de Montréal

Année de concours : 
2022-2023

Bien que les jeunes adultes (18-34 ans) ne représentent que 29% de la population canadienne, ils constituent 58% des personnes incarcérées dans les établissements provinciaux et territoriaux (Statistiques Canada, 2015) et 46% des libérés à nouveau en contact avec le système carcéral (Lalande et al., 2015). Leurs besoins étant distincts, leur expérience de vie encore limitée et leur situation affectée par de nombreux changements (identitaires, rôles sociaux) induits par la transition à la vie adulte, il importe d’intervenir auprès d’eux (désistement assisté), au bon moment et de façon positive, pour favoriser leur trajectoire de désistement du crime (Zinger et Elman, 2017). Le désistement assisté formel (agents de probation, agents des services correctionnels et conseillers en milieu carcéral) a été largement documenté au cours des dernières années (Burnett et McNeill, 2005 ; Farrall, 2016 ; Farrall, Hunter, Sharpe et Calverley, 2014 ; McCulloch, 2005 ; Rex, 1999). On reconnaît désormais que les membres de l’entourage, faisant office d’agents informels de désistement assisté, ont aussi un impact important sur les trajectoires de désistement des délinquants, particulièrement lorsque ceux-ci sont de jeunes adultes (Altschuler & Brash, 2004). Toutefois, à ce jour, notre compréhension du rôle et de l’expérience de ces agents informels repose essentiellement sur le discours et les perceptions des délinquants eux-mêmes (Laferrière, 2019). L’originalité de ce projet tient du fait qu’il sollicite directement les membres de l’entourage à titre d’informateurs clés afin de mieux comprendre les processus qui sous-tendent le désistement assisté informel. Ainsi, des membres de l’entourage (parents, conjoint.e et amis.es) qui soutiennent un jeune adulte délinquant (toujours actif, en processus de désistement ou s’étant désisté du crime) seront appelés à partager leur expérience en tant qu’agent informel de désistement par le biais d’entretiens qualitatifs semi-dirigés. Ce projet vise à 1) décrire comment le désistement assisté informel se met en place (p. ex. les formes qu’il prend, les moments clés, etc.); 2) explorer l’expérience des membres de l’entourage à titre d’agent informel de désistement dans le processus de désistement du crime de jeunes adultes délinquants (p. ex. obstacles, conséquences, etc.) et 3) examiner l’importance du DA informel dans le désistement du crime (p. ex. arrimage et interactions avec les autres agents de désistement). À l’issue de ce projet, une meilleure compréhension des processus impliqués dans le désistement assisté informel pourra guider les pratiques d’évaluation et d’intervention auprès des jeunes adultes délinquants, notamment en facilitant le déploiement d’un filet social efficace les soutenant dans leur désistement du crime.