Responsable :
Fanny Noisette
Établissement :
Université du Québec à Rimouski (UQAR)
Année de concours :
2025-2026
Fanny Noisette, responsable, Université du Québec à Rimouski [UQAR]
Secteurs de la recherche : Sciences naturelles et génie; Arts et lettres
Domaine : Environnement
Table des matières
1. RÉSUMÉ DU PROJET
Pourquoi la communication scientifique échoue-t-elle souvent à mobiliser la société dans des actions concrètes face aux crises environnementales? Malgré un accès sans précédent aux connaissances scientifiques et des efforts soutenus de vulgarisation, le grand public reste largement passif face aux enjeux des changements climatiques, notamment en ce qui concerne la protection des écosystèmes côtiers du Saint-Laurent, écosystèmes peu connus. Cette indifférence est alimentée par une déconnexion croissante au territoire, des représentations catastrophistes et un sentiment d’impuissance face à l’ampleur des défis écologiques auxquels nous faisons face.
Mailler les arts et les sciences constitue un puissant levier d’engagement. Les arts, par leur impact affectif et sensoriel, permettent de rendre les savoirs scientifiques plus accessibles et engageants. Ils favorisent un dialogue sensible, émotionnel et expérientiel avec les écosystèmes, rendant les enjeux environnementaux plus tangibles. Les artistes ont la capacité d’anticiper de nouvelles formes de monde, en invitant la société à trouver avec eux des solutions non explorées. Le maillage arts-sciences contribue à développer un espoir critique et le sentiment de pouvoir agir, encourageant ainsi de nouvelles formes d’action collective.
Ce projet s’inscrit dans la continuité du festival Flõ, un événement consacré à la recherche-création qui a démontré le potentiel de l’interdisciplinarité et de la co-création arts-sciences pour sensibiliser la société aux enjeux marins. C’est aussi à cette occasion que s’est créé le collectif d’artistes et de scientifiques portant le projet. Notre objectif principal est de mettre en lumière les écosystèmes côtiers végétalisés (marais salés, herbiers marins, forêts d’algues), souvent méconnus et sous-estimés, en valorisant leur beauté et vulnérabilité à travers les esthétiques artistique et scientifique. Ce projet poursuit également deux autres objectifs. Nous souhaitons partager les défis et succès du maillage arts-sciences afin de promouvoir ces pratiques comme outil de dialogue science-culture-société. Nous souhaitons également inspirer la relève scientifique et artistique à suivre cette voie du maillage en intégrant des scientifiques en début de carrière à la co-création et en intervenant auprès des artistes en formation pour promouvoir ces approches. Ils auront ainsi l’opportunité de réfléchir à leur rôle dans la société et de développer des compétences en communication innovante.
Afin d’atteindre nos objectifs, notre projet planifie trois résidences de co-création du collectif, permettant aux artistes et scientifiques de co-crér une ou des œuvres sur les beautés inconnues du Saint Laurent; des sorties de résidences pour présenter l’œuvre; des conférences participatives pour communiquer sur les systèmes végétalisés ; des publications et des capsules vidéo pour documenter les réflexions de scientifiques sur leurs pratiques et leur contribution au dialogue science et société; des interventions dans des centres de formation en arts pour sensibiliser au maillage arts-sciences.
Notre projet vise à transformer la manière dont la science est perçue et partagée, en favorisant une approche plus sensible, immersive et participative. En se conjuguant au langage universel des arts, il aspire à dépasser les barrières cognitives et émotionnelles qui freinent l’engagement du public envers les enjeux environnementaux pour susciter des actions individuelles et collectives nécessaires pour s’adapter aux changements climatiques.