La pénurie de personnel enseignant et suppléant continue de faire rage au Québec. Face à cette crise, les centres de services scolaires (CSS) déploient des solutions à court terme qui ne suffisent pas à enrayer le problème.
Geneviève Sirois, chercheuse en éducation à l’Université TÉLUQ, a recensé les mesures mises en place par les CSS et leur impact. Pour y arriver, elle a sondé 46 centres et mené des entrevues avec 25 professionnels qui travaillent dans sept CSS.
Le constat est sans appel : tous les CSS sont confrontés à cette pénurie qui les oblige à penser à très court terme, afin qu’il y ait une personne enseignante dans chaque classe tous les matins. Cela crée une concurrence entre les divers centres, qui s’efforcent d’attirer et de retenir du personnel.
Les CSS, qui étaient alors des commissions scolaires, ont aussi pâti d’un cycle de coupes budgétaires en éducation dans les années 2010. La plupart ont choisi de ne pas réduire les services directs aux élèves et ont plutôt amputé les services de soutien, notamment dans les ressources humaines (RH). Les centres ont donc aujourd’hui moins de personnel en RH pour combler leurs besoins de personnel enseignant.
De plus, la pénurie complique l’intégration des recrues, puisqu’on ne peut pas libérer les employés d’expérience pour les former. Les CSS embauchent donc beaucoup d’enseignantes et d’enseignants qui ne sont pas légalement qualifiés, lesquels représentaient une personne enseignante sur dix dans les écoles publiques en mars 2025, selon des données du ministère de l’Éducation du Québec (sans compter les milliers de suppléantes et de suppléants non qualifiés).
La recherche de Geneviève Sirois montre que les CSS n’ont pas les ressources nécessaires pour apporter des solutions à long terme à la crise. Le gouvernement et les acteurs du monde de l’éducation doivent réfléchir à des changements plus systémiques, pour attirer et garder plus de personnes dans cette profession.