Prix Alice-Girard | Janvier 2026 - Fonds de recherche du Québec - FRQ

Gabrielle Raîche-Marcoux

Étudiante au doctorat en sciences cliniques et biomédicales, Université Laval

Publication primée : Modèles cellulaires des maladies inflammatoires du segment antérieur de l’œil

Publiée dans : Médecine/Sciences (M/S)

Résumé :

Les maladies touchant le segment antérieur de l’œil, comme la sécheresse oculaire ou les blessures de la cornée, sont souvent complexes et multifactorielles. Parmi ces facteurs, l’inflammation joue un rôle central. Cette réponse naturelle de l’organisme, habituellement destinée à protéger les tissus en cas d’agression, peut devenir problématique lorsqu’elle est mal régulée. Dans le cas de certaines maladies oculaires, une inflammation chronique ou excessive peut aggraver les symptômes, ralentir la guérison ou même endommager les structures de l’œil.

Pour mieux comprendre ces phénomènes, des équipes de recherche ont développé des modèles expérimentaux en laboratoire, appelés modèles in vitro, qui permettent de simuler certaines conditions observées chez les patients. Ces modèles utilisent des cellules cultivées dans des milieux contrôlés pour reproduire des éléments clés de la maladie. Par exemple, il est possible de reproduire l’état inflammatoire de la surface oculaire dans la sécheresse oculaire ou la réponse à une lésion dans le cas d’une plaie cornéenne. Ces modèles permettent d’analyser en profondeur les mécanismes biologiques impliqués, notamment les voies de signalisation cellulaire qui sont activées lors de l’inflammation ou de la cicatrisation.

Les modèles in vitro présentent plusieurs avantages. Contrairement aux études chez l’animal ou chez l’humain, ils permettent de manipuler facilement l’environnement des cellules : température, composition chimique, concentration en cytokines (messagers de l’inflammation), présence de médicaments, etc. Cette flexibilité rend ces outils très précieux pour tester de nouvelles thérapies, comparer différents traitements ou identifier des cibles moléculaires pouvant être bloquées ou stimulées selon les besoins cliniques.

Dans cet article de synthèse, un tour d’horizon des principaux modèles in vitro utilisés pour étudier les maladies inflammatoires de l’œil est réalisé. Les modèles en deux dimensions, qui consistent en des cultures de cellules disposées sur des surfaces planes, permettent une observation directe et un accès facile pour les tests expérimentaux. Ces modèles, bien qu’assez simples, reproduisent fidèlement plusieurs aspects des maladies humaines, comme l’activation des cellules de la cornée ou la production de molécules pro-inflammatoires.

Il est également abordé, de façon plus succincte, les avancées dans les modèles tridimensionnels développés par génie tissulaire. Ces modèles 3D cherchent à imiter de manière plus réaliste l’organisation des tissus oculaires, en empilant plusieurs types cellulaires dans une architecture plus proche de celle de l’œil humain. Ils ouvrent la voie à des applications prometteuses, notamment pour simuler des maladies plus complexes ou pour évaluer l’impact de traitements sur des structures plus proches du tissu vivant.

En somme, les modèles in vitro constituent des outils de recherche essentiels pour mieux comprendre les maladies inflammatoires oculaires et pour accélérer le développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblées.