Relève étoile Jacques-Genest | Avril 2026 - Fonds de recherche du Québec - FRQ

Chloé David

Candidate au doctorat en physiologie cardiaque, Université de Montréal

Publication primée : Sex-specific modulation of cardiac fibrosis and lipid metabolism by B-vitamins in heart failure with reduced ejection fraction in mice

Publiée dans : American Journal of Physiology – Heart and Circulatory Physiology

Résumé

L’insuffisance cardiaque est une maladie grave et en constante progression qui touche des millions de personnes. Le cœur malade peut être comparé à une pompe qui n’arrive plus à envoyer suffisamment de sang, d’oxygène et de nutriments à votre corps. Ceci provoque de la fatigue, de l’essoufflement, et peut entraîner la mort dans les cas les plus graves. Malgré les progrès de la médecine, cette maladie reste difficile à traiter. Un autre problème en recherche est que les femmes sont souvent sous-représentées dans les essais cliniques. De nombreux traitements sont principalement testés chez les hommes, ce qui peut limiter leur efficacité chez les femmes.

Dans le cadre de cette étude, Chloé David et ses collaborateurs se sont intéressés à l’effet des vitamines B (B3, B9 et B12) sur l’insuffisance cardiaque. Ces vitamines sont essentielles pour produire de l’énergie et protéger nos cellules. Des études précédentes avaient déjà suggéré qu’elles pourraient être bénéfiques, mais personne n’avait encore vérifié si ces effets variaient entre les hommes et les femmes. Pour explorer cela, l’équipe de recherche a mené une étude sur des souris atteintes d’insuffisance cardiaque, reproduisant les dommages observés chez l’être humain. Quatre semaines après le développement de la maladie, leur alimentation a commencé à être supplémentée avec ces 3 vitamines B. Les souris mâles et femelles ont été suivies pendant plusieurs semaines, mesurant divers paramètres comme la fonction cardiaque, la survie, l’état des tissus du cœur et des poumons, ainsi que les graisses (lipides) dans leur sang. Les résultats ont été clairs et surprenants. Chez les femelles, les vitamines B ont significativement amélioré la fonction du cœur, augmenté la survie, réduit l’inflammation et le durcissement des tissus (appelée fibrose). De plus, le taux de « bons gras » (que l’on retrouve notamment dans l’huile de poisson) dans le sang était mieux équilibré. En revanche, chez les mâles, les vitamines B n’ont eu aucun effet bénéfique. Pire encore, certains paramètres se sont même dégradés, avec une augmentation des « mauvais gras » (souvent présents dans les aliments transformés) associés aux maladies du cœur et des vaisseaux sanguins.

Ces différences soulignent l’importance de prendre en compte le sexe dans la recherche biomédicale. Cette étude est la première à démontrer un effet bénéfique spécifique de ces vitamines B sur l’insuffisance cardiaque chez les femmes. Cela ouvre la voie à des approches plus équitables et efficaces pour prévenir et traiter cette maladie, en tenant compte des différences biologiques entre les sexes.