
Karine Thai
Candidate au doctorat en neurosciences, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal
Publication primée : Peripheral HLA-DRhiCD141+ Classical Monocytes Predict Relapse Risk and Worsening in Multiple Sclerosis
Publiée dans : Neurology Neuroimmunology Neuroinflammation /American Academy of Neurology
Résumé
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie du cerveau et de la moelle épinière, et est l’une des principales causes d’invalidité chez les jeunes adultes. Dans cette maladie, les globules blancs attaquent par erreur les tissus du cerveau. Cela cause une grande variété de symptômes possibles qui peuvent se résorber ou s’aggraver. Elle évolue de façon très variable d’une personne à l’autre, ce qui rend son suivi et son traitement complexes. Aujourd’hui, les outils utilisés pour surveiller la maladie permettent surtout de constater les dommages déjà présents, mais ils sont peu utiles pour prédire ce qui s’en vient.
Comme la SEP implique une forte composante immunitaire, Karine Thai et ses collaborateurs ont cherché dans le sang des marqueurs capables d’indiquer si une personne risque de faire une poussée ou de voir son état s’aggraver. Pour cela, ils ont analysé les cellules sanguines de 135 personnes atteintes de SEP et de 44 volontaires en bonne santé grâce à la cytométrie en flux, une technologie qui permet d’étudier des millions de cellules une par une.
Grâce à des analyses informatiques avancées, les chercheurs ont découvert un type de cellule immunitaire associé au risque de poussée dans les deux années suivantes. Il s’agit d’une sous-population de monocytes portant des quantités élevées de protéines appelées HLA-DR et CD141 à leur surface. Les personnes avec une proportion élevée de ces cellules avaient un risque deux fois plus élevé de faire une poussée. De plus, ce marqueur sanguin s’est montré plus performant pour prédire le risque de poussées que le marqueur actuel le plus étudié, le neurofilament à chaîne légère.
Cette découverte pourrait permettre aux médecins de mieux anticiper l’évolution de la SEP chez leurs patients et d’adapter plus rapidement les traitements, avant que les symptômes ne s’aggravent. Cela représente une avancée vers une médecine plus personnalisée, où les décisions thérapeutiques sont guidées par le profil immunitaire unique de chaque personne.