Relève étoile Louis-Berlinguet | Mai 2026 - Fonds de recherche du Québec - FRQ

Madeleine Fol

Candidate au doctorat en sciences de la Terre et de l’atmosphère, Université du Québec à Montréal

Publication primée : Revisiting the Last Ice Area projections from a high-resolution Global Earth System Model

Publiée dans : Communications Earth & Environment / Nature

Résumé

Le « dernier refuge de glace » — situé au nord du Groenland et de l’archipel Arctique du Canada — est considéré comme un endroit où la glace de mer pourrait subsister, alors que l’océan Arctique deviendra libre de glace durant l’été d’ici quelques décennies. Cette région est caractérisée par une glace de mer épaisse, pluriannuelle, souvent confinée entre les passages étroits de la région et renouvelée par un apport annuel considérable en glace provenant de l’océan Arctique central. Toutefois, les projections du « dernier refuge de glace » proviennent de modèles climatiques globaux à faible résolution, ne représentant pas le transport de la glace de mer à travers les voies étroites de l’archipel Arctique canadien et du détroit de Nares. La glace de mer, entraînée par les courants marins de surface, pourrait traverser ces canaux de l’océan Arctique vers des eaux plus chaudes au sud, où elle fondrait.

Dans cette étude, Madeleine Fol et ses collaborateurs révisent les projections du « dernier refuge de glace » à l’aide de simulations numériques haute résolution issues d’un modèle global du système terrestre (le Community Earth System Model – V.1.3) qui permet de représenter ces passages étroits. À partir d’un scénario de concentration de gaz à effet de serre élevé, la glace de mer de cette région s’amincit et devient plus mobile, entraînant une exportation importante de glace en dehors de l’océan Arctique central, vers des eaux au sud. Sous ce scénario potentiellement pessimiste, la glace de mer du « dernier refuge de glace » pourrait disparaître un peu plus d’une décennie après que l’océan Arctique central sera libre de glace en été. Cette perte aurait des conséquences majeures pour les espèces dépendantes de la glace.