Relève étoile Louis-Berlinguet | Mars 2026 - Fonds de recherche du Québec - FRQ

Delphine Veillard

Chercheuse postdoctorale à l’Université du Québec à Rimouski – ISMER

Publication primée : Molecular evidence of shipping noise impact on the blue mussel, a key species for the sustainability of coastal marine environments

Publiée dans : Marine Ecology Progress Series / Inter-Research Science Publisher

Résumé

Le bruit océanique d’origine anthropique dû à la navigation a augmenté jusqu’à 12 dB re 1 μPa dans certaines régions au cours des cinq dernières décennies, mettant en danger les organismes marins. Si l’impact du bruit sur les mammifères marins est bien documenté, ses effets sur les mollusques, qui ont une importance économique et écologique considérable, restent largement inconnus.
Afin d’étudier les conséquences du bruit sur le métabolisme des mollusques au cours des premières étapes cruciales de leur vie, des larves de moules ont été exposées au bruit des navires en laboratoire jusqu’au stade post-larvaire et leur métabolome a été analysé. Des analyses multivariées du métabolome ont montré que le bruit de la navigation induit une inflammation liée au stress, une demande énergétique accrue, un renouvellement plus important des protéines et une activité perturbée du système nerveux.
Par conséquent, le bruit a favorisé une métamorphose retardée dans des habitats sousoptimaux avec des coûts métaboliques plus élevés, ce qui peut avoir un impact sur la durabilité de l’écosystème et de l’aquaculture, car les larves de moules compétentes luttent pour sélectionner des habitats de développement appropriés. Si aucune mesure n’est prise pour limiter le bruit sous-marin, de tels impacts pourraient perturber les structures des populations et la biodiversité marine.