
NOUVELLE ÉDITION DU PROGRAMME ENGAGEMENT, NOUVELLES QUESTIONS !
Voici la page dédiée aux questions proposées par les citoyens et les citoyennes dans le cadre de la nouvelle édition du programme ENGAGEMENT du Fonds de recherche du Québec.
Les questions se rajouteront jusqu’en novembre, au fur et à mesure que les citoyens et citoyennes les soumettront.
Nous invitons la communauté de recherche à en prendre connaissance et à former un duo avec un citoyen ou une citoyenne pour proposer un projet de recherche. Chercheurs et chercheuses, une de ces questions vous interpelle ? Entrez en contact avec la personne citoyenne qui l’a posée en nous écrivant à: Engagement.gds@frq.gouv.qc.ca
Votre Duo est formé? La chercheuse ou le chercheur responsable de déposer la demande peut accéder au formulaire dans son Portail FRQnet dès le 19 novembre 2026.
Questions proposées par les citoyennes et citoyens au concours 2027-2028
Les questions seront diffusées ici au fur et à mesure qu’elles auront été soumises. Nous vous invitons à consulter régulièrement cette page pour en prendre connaissance.
Bien que le Fonds de recherche du Québec publie ce contenu, il n’en est pas l’auteur.
À noter: Les questions soumises dans les éditions antérieures du concours qui peuvent être consultées (ci-dessous) sont disponibles à titre d’exemples seulement.
Discrimination, inclusion, immigration
(À venir)
Éducation
Comment pourrait-on enseigner aux enfants, dans le cadre d'un cours ou d'une activité parascolaire, les bases de la gestion des émotions et du développement de l'estime de soi, afin de mieux les outiller pour prendre en charge leur propre santé mentale, et favoriser le vivre-ensemble?
Je m’intéresse à cette question parce que les jeunes d’aujourd’hui évoluent dans un environnement où ils sont constamment exposés à l’image et à la vie des autres, notamment par l’entremise des réseaux sociaux. Cette réalité favorise la comparaison sociale, peut fragiliser l’estime de soi et augmente les risques liés au harcèlement, à l’anxiété et à d’autres enjeux de santé mentale.
Je me demande donc si un apprentissage précoce des bases de la gestion des émotions, de l’estime de soi et des relations interpersonnelles, offert dans le cadre d’un cours ou d’une activité parascolaire, pourrait leur fournir des outils concrets pour mieux traverser l’adolescence. À plus long terme, ces apprentissages pourraient-ils contribuer à former des adultes plus confiants, plus résilients, moins enclins à se comparer aux autres et davantage capables de prendre soin de leur propre santé mentale ainsi que de celle de leur entourage?
C’est cette réflexion que j’aimerais approfondir avec un chercheur, afin d’explorer si cette hypothèse est fondée et si une telle approche pourrait avoir des retombées positives sur le développement des jeunes.
Cette réflexion est également nourrie par mon parcours personnel. J’ai moi-même vécu des difficultés liées à la santé mentale et, à l’âge adulte, j’ai dû entreprendre une thérapie cognitivo-comportementale afin d’acquérir des outils qui me permettent aujourd’hui de fonctionner de façon plus sereine au quotidien.
Avec le recul, je me demande quel aurait été mon parcours si j’avais eu accès, dès l’enfance, à des apprentissages sur la gestion des émotions, l’estime de soi, l’anxiété et les stratégies d’adaptation. J’ai grandi sans disposer de ces repères, notamment parce que mes parents, malgré toute leur bonne volonté, ne possédaient pas eux-mêmes les outils nécessaires pour m’accompagner face à ce que je comprends aujourd’hui.
Mon vécu ne constitue évidemment pas une preuve scientifique, mais il soulève une question qui me semble pertinente à explorer avec un chercheur : dans quelle mesure une éducation précoce à la santé mentale pourrait-elle avoir un effet positif sur le développement des jeunes et la prévention de certaines difficultés psychologiques?
Dans quelle mesure les activités parascolaires des organismes communautaires jeunesse favorisent-elles l’intégration sociale et linguistique des adolescentes et adolescents nouvellement arrivés en classes d’accueil ?
Travaillant depuis 2 ans avec des jeunes en classe d’accueil qui sont de nouveaux arrivants, je me demande si mon travail apporte de la valeur à ces jeunes dans leur processus d’intégration. Aussi, sachant que d’autres organismes communautaires interviennent auprès d’autres nouveaux arrivants, je voudrais savoir s’il est possible de mutualiser les efforts pour une meilleure intégration des nouveaux arrivants notamment ceux en francisation.
Quels sont les facteurs qui permettent aux filles à risques de décrochage scolaire de compléter leurs études?
J’ai lâché l’école à 16 ans et j’ai repris les études à 23 ans. Je ne me reconnais pas dans les discours sur le décrochage scolaire parce qu’il n’y en a que pour les garçons. Les études sur les profils féminins semblent rares. J’ai l’intuition que les raisons et les conséquences ne sont pas les mêmes.
Environnement (écosystèmes, pollution, faune et flore)
De quelle manière l’intégration de pratiques d’économie circulaire dans la gestion des achats et des équipements d’un collège peut-elle contribuer à réduire l’empreinte carbone institutionnelle et à renforcer la culture organisationnelle en matière de développement durable ?
En tant que citoyenne engagée et responsable de l’entretien du bâtiment avec un mandat en développement durable, je suis particulièrement interpellée par certaines pratiques actuelles du collège. J’ai observé plusieurs problématiques : une gestion inadéquate des déchets liés aux équipements, une accumulation de matériel inutilisé et un tri déficient des matières résiduelles. Ces constats soulèvent des enjeux importants, tels que le gaspillage de ressources, l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et une incohérence entre les valeurs éducatives du collège et ses pratiques concrètes.
Ces enjeux me motivent à proposer et à appuyer un projet citoyen visant à intégrer des pratiques d’économie circulaire dans les processus d’achats, de gestion et de disposition des équipements. L’objectif est de réduire l’empreinte écologique du collège tout en renforçant sa culture organisationnelle durable et responsable.
Est-ce possible d'extraire les particules de plastiques ou PFAS en suspensions dans l'eau en utilisant leur propriété électrostatique ?
Les PFAS sont d’importants pollueurs, souvent sous forme de micro ou nano particules, qui ont des effets importants sur la santé humaine. Je me disais qu’en premier lieu nous pouvions les récupérer le plus en amont possible pour limiter leur propagation et en 2e lieu les récupérer dans différents plans d’eau où ils se sont accumulés. Avec différents outils tels que des capteurs dans les usines de traitements d’eau et de bassins de décantations des eaux pluviales. Utiliser des drones et/ou véhicules navals pour vider les plans d’eau. J’ai aussi lu 1-2 articles les boules de Neptune qui se gorgent de PFAS.
Comment l'agriculture communautaire peut-elle devenir un vecteur de solidarité sociale dans Charlevoix, et quelles sont ses retombées réelles sur la pauvreté, l'isolement, la santé physique et mentale et l'environnement?
Étant moi-même jardinier et conscient des effets positifs de l’horticulture sur ma santé mentale et mon bien-être, je m’intéresse depuis plusieurs années au rôle que peuvent jouer les jardins dans nos milieux de vie. À l’été 2025, dans le cadre d’un mandat professionnel qui m’a été confié à Charlevoix, j’ai réalisé un portrait des initiatives de jardinage collectif sur le territoire des deux MRC de Charlevoix et identifié les principaux freins et leviers à leur consolidation. Cette expérience m’a convaincu (ou plutôt reconvaincu) du potentiel de l’agriculture communautaire comme vecteur de solidarité sociale et de santé globale, au sens large.
Je souhaite aujourd’hui approfondir cette réflexion en collaboration avec une équipe de recherche, afin de mieux comprendre les retombées sociales et environnementales de ces initiatives, et d’utiliser les résultats pour renforcer, sur le terrain, la pérennité des projets de jardinage communautaire dans ma région. Mon objectif est de disposer d’arguments scientifiques solides pour sensibiliser les administrations publiques et les bailleurs de fonds à l’importance de soutenir ce type de projet collectif.
Comment peut-on améliorer les connaissances sur la diversité, la répartition et l’écologie des truffes et autres champignons souterrains du Québec grâce à la participation de citoyens à leur recherche et à leur récolte?
Je m’intéresse à la recherche des truffes au Québec depuis 2019, lorsque j’ai participé à une activité animée par Véronique Cloutier, biologiste spécialisée dans les champignons hypogés. Curieuse de nature, j’ai immédiatement été fascinée par ces champignons qui se développent sous terre et dont la diversité demeure encore très peu connue au Québec. Depuis, je participe régulièrement à des recherches de truffes et d’autres champignons souterrains. Chaque découverte soulève de nouvelles questions, car il est souvent difficile de savoir quelles espèces sont présentes, où elles se trouvent et dans quelles conditions elles se développent. Certaines récoltes pourraient même correspondre à des espèces encore peu documentées ou inconnues au Québec. Je peux contribuer activement aux recherches de terrain, à la récolte de spécimens et à la documentation des sites, mais mes moyens sont limités lorsqu’il faut confirmer l’identité des espèces, analyser les spécimens et transformer ces observations en données scientifiques utilisables. J’aimerais donc réaliser ce projet avec une chercheuse ou un chercheur afin de mieux documenter cette biodiversité encore largement méconnue et de contribuer concrètement à l’avancement des connaissances sur les champignons hypogés du Québec.
Comment pourrions-nous un jour cultiver et manger des châtaignes produites au Québec ?
Je m’intéresse depuis plusieurs années à la culture des arbres à noix et à la possibilité de cultiver des châtaignes dans le sud du Québec. La châtaigne est couramment cultivée et consommée dans plusieurs régions d’Europe, d’Asie et maintenant dans le nord-est des États-Unis, mais elle demeure très peu connue et pratiquement absente des productions agricoles québécoises. Cette situation m’a amené à me demander si notre climat constitue réellement un obstacle insurmontable ou si cette culture n’a simplement pas encore été suffisamment explorée ici. À titre personnel et sur mon temps libre, j’ai commencé à semer et à observer des châtaigniers provenant de différentes sources nord-américaines. Je teste aujourd’hui plusieurs centaines de tous jeunes arbres sur des sites aux conditions différentes. J’ai rapidement constaté une belle adaptabilité au climat, mais aussi une variabilité entre les arbres quant à leur vigueur, leur croissance, leur réaction aux sols et à la sécheresse ainsi que leur état de santé. La présence du chancre du châtaignier soulève également des questions importantes sur la résistance aux maladies. Ces observations sont stimulantes, mais elles montrent aussi les limites d’une démarche reposant uniquement sur l’expérience personnelle. La sélection d’arbres adaptés au Québec exige des observations rigoureuses pendant plusieurs années et soulève des questions touchant notamment la génétique, la pathologie végétale, la rusticité et l’influence du milieu de culture. Je souhaite donc collaborer avec un chercheur ou une chercheuse, afin d’apprendre à transformer mes observations en une démarche scientifique structurée : définir les caractères à mesurer, comparer les arbres de façon rigoureuse et explorer les méthodes qui permettraient d’identifier plus rapidement les sujets les plus prometteurs. Ce projet serait pour moi une occasion d’acquérir une meilleure compréhension de la recherche scientifique tout en contribuant à déterminer si la châtaigne pourrait un jour devenir un fruit connu au Québec. Les connaissances acquises pourraient ensuite être partagées avec d’autres citoyens, planteurs et producteurs intéressés par cette culture émergente.
Comment les interactions souterraines entre l’érable et les autres espèces forestière influences-elles la santé, la croissance et la production de sève des érablières ?
Je possède une terre boisée dont une partie en érablière. On m’a parlé des espèces compagne pour préserver une biodiversité et pour éviter l’acidification des sols d’érablières. Cependant, rare sont ceux qui comprennent ou accorde de l’importance à ce qui se passe dans le sol des érablières. C’est une des questions qui me permettrais de mieux comprendre la forêt mais aussi de développer d’autres hypothèses plus spécifiques à chaque espèce tout en explorant diverses questions liées, telles que :
1. Quels partenaires microbiens sont essentiels à la santé de l’érable.
2. Les réseaux mycorhiziens influencent-ils la production de sève chez l’érable.
3. Quel rôle joue le microbiome du sol dans la santé et la productivité des érables?
4. Quel arbres compagnons favorisent le plus la croissance et la résilience de l’érable (accent sur le sous-sol plutôt que le balancement de PH).
5. Est-ce que l’arbre « aide » réellement un voisin ou est-ce simplement un effet secondaire des champignons.
J’aimerais faire le projet avec un chercheur parce que je crois qui si cette question n’a pas encore été répondu, elle peut nous amener collectivement à mieux comprendre la nature et probablement que ces connaissances seront applicables dans un contexte de changement climatique. J’ai accès à un très gros laboratoire vivant, mais il me faudrait un coup de pouce pour déterminer la méthode et les indicateurs mesurables pour arriver à structurer mon projet et répondre à cette question.
Comment évaluer s’il y a des cyanobactéries au lac Saint-Charles qui se rendent à la prise d'eau de la ville de Québec et si elles sont toxiques ?
La protection de l’eau potable pour nos enfants.
Génie des matériaux, technologie, informatique
Quels sont les moyens à la fois abordables et efficaces permettant de prévenir, contenir ou limiter la propagation des feux de batteries au lithium selon les différents formats ou capacités de batterie, en particulier celles utilisées pour la micromobilité ?
Je suis passionné par le monde des véhicules téléguidés, un loisir qui utilise couramment des batteries au lithium. Cette expérience m’a sensibilisé aux risques d’incendie associés à ces batteries et à l’importance d’utiliser des mesures de protection, comme les sacs ignifuges lors de la recharge et de l’entreposage. Avec la popularité croissante des appareils de micromobilité, tels que les vélos et les trottinettes électriques, les batteries au lithium deviennent de plus en plus puissantes et sont présentes dans un nombre grandissant de foyers. Cette évolution augmente également les conséquences potentielles d’un incendie, tant pour les personnes que pour les bâtiments. Je souhaite mieux comprendre quelles solutions de protection sont réellement efficaces, abordables et adaptées à différentes capacités de batteries. Collaborer avec une chercheuse ou un chercheur permettrait d’obtenir des réponses fondées sur des données scientifiques plutôt que sur des informations souvent contradictoires ou limitées disponibles sur Internet. Les résultats pourraient être utiles non seulement aux amateurs comme moi, mais aussi à l’ensemble des utilisateurs d’appareils de micromobilité, aux services de sécurité incendie et aux décideurs qui souhaitent améliorer la prévention des incendies liés aux batteries au lithium.
Philosophie, droit, art
Quels sont les effets transférables de la pratique régulière d’activités créatives vers la vie quotidienne ?
Je suis une artiste qui met le développement de la créativité au cœur de mes ateliers. Je vois l’impact que cela a sur les enfants, surtout lorsqu’ils participent à plusieurs ateliers créatifs en série. Les parents m’en parlent souvent d’ailleurs, car ils remarquent que leurs enfants changent. Ayant lu quelque part que plus nous stimulons notre créativité, plus cela crée de nouvelles connexions dans le cerveau, et que cela aide à trouver des solutions plus facilement à des problèmes, je me demande de quelles façons ces apprentissages sont utilisés dans leur quotidien.
Politique et société
Quelles pratiques et quelles conditions peuvent favoriser le développement d'une pensée systémique chez les individus et les collectifs?
Depuis plus de quinze ans, j’accompagne des personnes, des organisations et des collectifs des secteurs créatifs dans des démarches de développement de compétences, notamment en entrepreneuriat, en gestion créative et en prospective. Ces expériences m’ont amenée à m’intéresser aux conditions qui permettent de développer les capacités individuelles et collectives nécessaires pour concevoir des stratégies adaptées à des environnements complexes.
J’observe que les stratégies et les solutions sont souvent élaborées à partir d’une pensée réductionniste et fragmentée, alors que les enjeux auxquels nous sommes confrontés sont, la plupart du temps, complexes et systémiques. Cette réflexion m’a progressivement amenée à m’intéresser au développement d’une pensée systémique et, plus récemment, aux pratiques inspirées du vivant, qui invitent à porter un regard différent sur les relations, les interdépendances et les dynamiques de transformation.
Ce qui m’interpelle avant tout, ce sont les pratiques et les conditions qui favorisent l’émergence d’une pensée systémique. Quelles expériences soutiennent réellement son développement? Quels contextes rendent cette émergence plus probable? Quelles approches peuvent avoir un effet durable sur notre manière de comprendre le monde et d’agir en tenant compte de sa complexité?
Bien que ces questions soient nourries par ma pratique professionnelle, elles dépassent largement celle-ci. Elles rejoignent un enjeu de société fondamental, puisque les défis complexes de notre époque ne peuvent être compris ni relevés indépendamment des systèmes auxquels ils appartiennent. Ils exigent le développement de nouvelles capacités individuelles et collectives pour percevoir les interrelations, anticiper les conséquences de nos choix et agir de manière plus cohérente avec la complexité du monde.
À mes yeux, cette question mérite d’être explorée avec rigueur à travers un dialogue entre les savoirs issus de la recherche et ceux issus de l’expérience terrain. Une collaboration avec une chercheuse ou un chercheur permettrait de croiser une expertise scientifique avec un regard ancré dans la pratique, l’accompagnement et l’expérimentation, afin de mieux comprendre les mécanismes qui favorisent le développement d’une pensée systémique et d’identifier les pratiques et les conditions les plus porteuses.
Au-delà de mon parcours professionnel, cette démarche vise à contribuer à la production de connaissances utiles pour les personnes, les organisations et les collectivités qui cherchent à renforcer leurs capacités d’innovation et d’action face à des problématiques complexes. Elle pourrait ainsi soutenir l’émergence de collectivités et d’organisations plus adaptatives, innovantes, résilientes et régénératives, mieux outillées pour évoluer dans la complexité des défis actuels et à venir.
Comment l'aide médicale à mourir transforme notre rapport à la mort ?
J’ai créé une pièce de théâtre documentaire dans laquelle j’ai exploré le point de vue des proches de ceux qui demandent l’aide médicale à mourir. J’y aborde comment j’ai été bouleversée par la rapidité du processus, l’absence de rituels, l’absence d’échanges autour de cette décision qui se prend sans consultation obligatoire des proches. Avec ce projet de recherche, je souhaite pousser ma réflexion et m’intéresser à l’expérience telle que vécue par les demandeurs de l’AMM ou ceux qui l’envisagent. Je souhaite comprendre leur rapport à la mort, en documentant le contexte socio-anthropologique dans lequel l’expérience se déroule. J’aimerais explorer comment les demandeurs abordent ce grand mystère et tabou qu’est la mort quand elle peut être programmée et obtenue comme un soin, dans une société où elle est la plus répandue au monde.
Quel est l'impact du Règlement sur la fixation des pensions alimentaires pour enfants sur les enfants placée en centre jeunesse ?
Je suis le parent non gardien de trois enfants, dont le plus vieux a été placé en centre jeunesse à partir de l’âge de 9 ans jusqu’à sa majorité. Tout au long de ces années, j’ai souhaité pouvoir l’accueillir chez moi pour contribuer à sa stabilité. Cependant, mes ressources financières ne me permettaient pas d’accéder à un logement offrant l’espace minimal nécessaire pour envisager son accueil. À la lumière de mon expérience, j’émets l’hypothèse que le calcul de la pension alimentaire pour enfant, présumée correspondre aux besoins de l’enfant et aux facultés des parents, a été l’obstacle systémique principal à mon objectif.
En effet, il m’a été impossible d’en convaincre le tribunal dans un contexte où, l’autre parent étant représenté par le bureau d’aide juridique, mes ressources financières limitaient fortement mes possibilités de trouver un avocat de pratique privée disposé à prendre ce dossier complexe, et où se représenter soi-même implique un manque de crédibilité devant le tribunal. Cette situation réduisait ma capacité à améliorer mes conditions de logement et, en pratique, empêchait que le développement de mon enfant se déroule en environnement familial.
À mes yeux, cette dynamique a eu un impact direct sur le parcours de mes enfants, en affectant la stabilité et la qualité de la présence de leur père auprès d’eux. Des effets comparables peuvent aussi se manifester chez d’autres enfants lorsque leur parent non gardien dispose de moyens limités. Ces effets deviennent particulièrement déterminants lorsqu’un enfant est placé en centre jeunesse, où tout facteur touchant la continuité des liens familiaux a un impact accru sur son développement. D’où la question suivante : dans quelle mesure le règlement encadrant la fixation des pensions alimentaires influence-t-il, en pratique, le bien-être et les trajectoires des enfants placés?
Cette question touche plusieurs systèmes (législatif, judiciaire, social) et mérite une analyse rigoureuse pour mieux comprendre comment ces mécanismes interagissent et quels effets ils produisent sur les enfants. Je souhaite que cette recherche permette de documenter ces impacts et d’offrir aux décideurs des connaissances utiles pour améliorer les conditions de vie et les perspectives des jeunes concernés.
Comment assurer la pérennisation des résultats de recherche des généalogistes au Québec et veiller à leur diffusion vers l’ensemble de la société québécoise ?
Le Québec a la chance de compter plus de 20 000 généalogistes, répartis en une centaine de sociétés à travers son territoire, et en majorité regroupées par la Fédération québécoise des sociétés de généalogie. La pérennisation du patrimoine en histoire de familles, minutieusement mais passionnément construit par les généalogistes depuis plus de 70 ans, est d’une importance capitale du point de vue historique, patrimonial, culturel et social. Il semblerait donc logique que le grand public puisse disposer de moyens modernes et efficaces de conservation, de diffusion et de partage de ce patrimoine, de manière gratuite et durable.
Toutefois, entièrement administrées et soutenues par des bénévoles, ces sociétés font face à sept importants défis :
1. La fragilité des organismes en science généalogique au Québec en raison de l’insuffisance de la relève et les difficultés de recrutement
2. La pérennité de la mémoire collective, des patrimoines familiaux et de l’histoire culturelle du Québec en l’absence de structure globale permettant la conservation des documents
3. La valorisation des connaissances généalogiques et historiques au-delà de la simple chronique des lignées alors qu’elles permettent de mieux comprendre l’évolution des sociétés et des structures économiques, politiques et sociales du Québec
4. La pérennisation d’un patrimoine toujours vivant et en évolution
5. L’accès démocratique à la culture généalogique et à l’histoire de nos familles
6. La facilitation des projets collaboratifs de recherche
7. La transparence et l’intégrité du travail avec les archives
La pérennisation du patrimoine en histoire familiale est essentielle pour préserver la mémoire des ancêtres, valoriser l’identité familiale et culturelle, et enrichir la compréhension de l’histoire collective. Grâce au travail des généalogistes, nous pouvons nous reconnecter à notre passé, en apprendre davantage sur nos origines, et assurer la transmission de cette richesse historique aux générations futures. C’est également un moyen de contribuer à un monde plus inclusif, plus informé et plus respectueux des héritages familiaux et culturels, tout en renforçant les liens entre les individus et les générations.
Comment peut-on soutenir la formation des bénévoles adultes afin de favoriser une intégration bienveillante, formatrice et durable pour toutes les personnes qui s’impliquent?
Ce qui me motive à poser cette question, c’est la volonté de mieux comprendre comment créer des milieux inclusifs et valorisants pour les bénévoles, particulièrement ceux qui vivent une situation de vulnérabilité. Selon l’Institut de la statistique, le tiers des québécois consacrent du temps et de l’énergie au bénévolat encadré, représentant un total impressionnant de 290,2 millions d’heures offertes à la collectivité. On connait les raisons qui incitent les personnes à faire du bénévolat (contribuer, partager leurs connaissances, soutenir un organisme), tout comme les obstacles (manque de temps, d’occasion ou d’intérêt). Au-delà de ces constats généraux, ma question de recherche porte sur ce qui passe concrètement au sein des milieux pour soutenir les personnes bénévoles.
D’après mon expérience, j’ai observé que leur engagement des bénévoles dépend de la qualité de l’accueil, de la reconnaissance et du soutien qu’ils reçoivent. Je souhaite donc comprendre comment on peut soutenir la formation des bénévoles afin de favoriser une intégration bienveillante, formatrice et durable pour toutes les personnes qui s’impliquent, particulièrement dans des contextes de vulnérabilité. De cette question principale en découlent d’autres : comment valoriser ce qu’ils savent, compléter leur formation, s’assurer de leur aisance et de leur plaisir à faire du bénévolat.
Mon intérêt pour ce sujet découle de mon expérience de terrain auprès de bénévoles adultes issus de divers contextes, dont plusieurs en situation de fragilité. J’ai pu constater à quel point leur engagement peut être transformateur — à la fois pour eux-mêmes et pour la communauté — lorsqu’ils sont bien accompagnés et reconnus. Cependant, les pratiques d’intégration et de soutien restent souvent intuitives ou peu documentées.
Collaborer avec un chercheur ou une chercheuse me permettrait donc de mieux comprendre les facteurs qui favorisent une intégration réussie des personnes bénévoles, de valider des approches déjà mises en place et de développer des outils utiles pour les milieux afin de soutenir la formation des bénévoles adultes.
Compte tenu du contexte actuel de l’habitation, comment peut-on modifier la législation sur le logement pour agir sur la culture organisationnelle, les modalités de fonctionnement en incluant ses obligations envers les Offices habitation (OH) de la Société d’Habitation du Québec (SHQ), afin d’obtenir une amélioration de sa gestion et des résultats ?
J’ai un bon aperçu de certains aspects du fonctionnement général de la SHQ, incluant ce qui gravite autour (réseau des OH et autres organismes liés). Le sujet est lié au besoin essentiel et de la clientèle vulnérable de la SHQ dans le réseau des OH, qui relève de la Loi sur la SHQ.
Les éléments suivants peuvent servir à définir une étude. Alors, j’attire votre attention sur la prévision des besoins en logement et la question d’’Entretien. S’ajoute la question du traitement des plaintes et de la participation des locataires au niveau des OH. De même, le rôle des municipalités et la transparence est à considérer. Enfin, il serait utile de réfléchir sur l’évaluation globale et périodique de l’ensemble du système, car soumis aux parlementaires.
La recherche priorise les domaines de l’Administration publique, le Droit ou l’Évaluation de programme. L’approche à définir selon notre échange.
Comment l'instabilité des services publics et du soutien institutionnel à Radisson influence-t-elle le sentiment d'équité et d'appartenance des résidents, et quelles conséquences ces changements peuvent-ils avoir sur la vitalité et l'avenir de la communauté?
J’habite Radisson et j’y suis propriétaire. Au fil des années, j’ai observé une diminution progressive de plusieurs services offerts à la population. Plusieurs citoyens ont l’impression que les ressources, les programmes et les budgets destinés au territoire ne se traduisent pas toujours par des services concrets. Dans un territoire immense et isolé comme le nôtre (collé sur le 54e parallèle), ces pertes ont des répercussions importantes sur la qualité de vie des résidents et sur l’attractivité de la communauté.
En tant que seule communauté majoritairement francophone et allochtone du territoire, Radisson vit une situation particulière. La démographie subit une décroissance majeure (moins de 150 résidents permanents, 10 enfants de 0-18 ans et seulement 30 maisons sur 230 appartenant à des propriétaires résidents), la localité de Radisson doit faire face à des défis liés à l’éloignement, aux bris de services récurrents, à l’accès aux soins et au maintien des services de proximité. Plusieurs résidents ont le sentiment que notre réalité est peu connue ou peu prise en compte, tant dans les décisions publiques que dans l’espace médiatique, que ce soit au niveau régional ou national.
Cette situation soulève des questions sur l’équité dans l’accès aux services, sur les effets de la dévitalisation de la communauté et sur l’avenir de Radisson. Comment expliquer les sentiments d’abandon et d’iniquité exprimés par certains résidents? Quels facteurs contribuent à cette perception? Quelle place qu’occupe notre localité dans les décisions prises à l’échelle régionale ?
Dans une perspective d’évaluation de l’avenir de la Localité de Radisson à la Baie-James, il me semblait nécessaire d’adresser ces questions.
Considérant que le problème de la rétention des employés coûte extrêmement cher à nos entreprises, et pas uniquement au niveau financier, mais aussi en épuisement des ressources déjà en place, quels sont les traits de personnalité ou les facteurs externes qui nuisent au maintien en emploi d'un individu et comment contribuer à améliorer le maintien en emploi des catégories de personnes qui vivent une instabilité en emploi et peu de capacité à se maintenir plus d'un an dans un emploi?
Je suis conseillère en emploi depuis 14 ans et je constate que le non maintien en emploi est un enjeu non seulement pour les individus, mais aussi pour les entreprises et leurs employés qui restent. Les coûts sont financés, sociaux, psychologiques. Une personne qui change plusieurs fois d’emploi au cours d’une année perd l’estime d’elle-même. Aussi, son profil devient moins intelligent pour les employeurs et son employabilité est affectée. Plusieurs de ses personnes deviennent prestataires de l’assurance emploi de façon récurrente et, ultimement, de l’aide financière de dernier recours. En employabilité, c’est un éceuil pour nous, les conseillers, car une fois la personne en emploi, nous ne sommes plus sur sa route. Elle revient nous consulter lorsque l’emploi est perdu. Que faire?
Comment la notion de vie maritale dans les programmes d’assistance sociale peut-elle créer ou renforcer la dépendance économique des personnes qu’elle touche et compromettre leur santé, leur sécurité physique et financière ainsi que leur pouvoir d’agir?
Croisement des savoirs
Mes expériences personnelles m’ont amenée à m’engager autour de la règle de vie maritale dans les programmes d’assistance sociale et, au cours des dernières années, à chercher à mieux comprendre son histoire, ses fondements et ses mécanismes. Avec le temps, j’ai accumulé beaucoup d’informations, de questions et de constats. J’ai rédigé un argumentaire sur la vie maritale et la cohabitation, puis participé à la création de la campagne de mobilisation Cohabiter : un droit, une solution. J’ai aussi eu plusieurs occasions de partager ce que j’avais appris, notamment à travers différentes présentations et dans le cadre d’interventions publiques. J’aimerais maintenant mettre ces connaissances en relation avec le savoir scientifique et les croiser avec l’expérience des personnes touchées par cette règle. Cela permettrait de mieux documenter ce qui est déjà connu, de voir ce qui reste à explorer et de vérifier si certaines réalités touchent davantage certains groupes, notamment selon le genre. Maintenant, quelle serait la prochaine étape de recherche la plus utile?
Vie maritale ?
Dans les programmes d’assistance sociale, la vie maritale est une notion encadrée par règlement qui sert à déterminer si deux personnes forment un couple. Le statut de couple implique que les ressources des deux personnes sont prises en compte pour déterminer si une aide sera accordée et pour en établir le montant. Mais, concrètement, qu’est-ce que ça change dans une vie? Première expérience Au tout début de ma vie adulte, j’étais mère solo-parentale, sans soutien ni répit. Je recevais une prestation d’aide sociale et un ami, lui aussi prestataire, est venu vivre avec nous. Partager le logement et les dépenses m’aidait à joindre les deux bouts, mais nous faisions aussi équipe au quotidien. Sa présence auprès de mon fils, le partage des tâches et le soutien qu’on s’apportait brisaient mon isolement et me donnaient du répit. Ça m’a permis d’entreprendre des démarches en vue d’un retour aux études ou au travail et d’essayer de construire un meilleur avenir pour mon fils et moi. Un jour, sans avertissement ni explication préalable, l’aide sociale nous a considérés en vie maritale : nos dossiers ont été regroupés et nos deux prestations individuelles remplacées par une seule prestation de couple, moins élevée que la somme de ce que nous recevions séparément. Cette prestation était versée à une seule des deux personnes. Quand j’ai expliqué que nous n’étions que des amis, on m’a répondu que, selon le règlement, le fait d’habiter ensemble depuis un an et de nous entraider suffisait pour nous considérer comme conjoints, même s’il était lui-même en couple de son côté. Nous avons dû mettre fin à la cohabitation pour que chacun retrouve sa propre prestation. Je me suis alors retrouvée avec un logement que je n’avais pas les moyens d’assumer seule, tout en perdant le soutien qui me permettait de poursuivre mes démarches. Mon fils et moi perdions bien plus qu’une part de loyer. J’avais aussi compris que je ne pouvais pas simplement trouver une autre personne avec qui partager le logement et les dépenses sans risquer de me retrouver dans la même situation.
Deuxième expérience
Une vingtaine d’années plus tard, ma situation était complètement différente. Cette fois, j’étais réellement en couple. Nous vivions ensemble depuis plusieurs années et nos deux revenus d’emploi nous permettaient tout juste de couvrir nos dépenses. Lorsque mes problèmes de santé m’ont finalement empêchée de travailler, le revenu pourtant modeste de mon conjoint me rendait inadmissible à l’assistance sociale. Avec son seul revenu, il nous était tout simplement impossible de couvrir nos dépenses. Nous avions donc deux options : dépendre entièrement de son revenu, pourtant insuffisant, ou vivre séparément pour que j’aie droit à un revenu à moi. Quand j’ai voulu dénoncer cette situation en m’adressant au Protecteur du citoyen, on m’a poliment rappelé que l’assistance sociale était une aide de dernier recours et qu’il était normal, dans un couple, de se soutenir. Nous ne voulions pas mettre fin à notre relation, mais nous avons finalement dû cesser de vivre ensemble. Encore aujourd’hui, je dois vivre seule pour préserver un revenu à moi et une certaine autonomie financière.
Quête de sens
Ces expériences m’ont laissée avec beaucoup de colère et de questions. Je me disais que je ne pouvais pas être la seule pour qui cette règle avait été un problème, mais je n’en avais jamais entendu parler. Je ne comprenais pas pourquoi elle existait, ce qui la justifiait ni comment on pouvait considérer comme normal que deux personnes qui ne sont pas en couple soient traitées comme si elles l’étaient. Est-ce que cette interprétation élargie de la vie maritale s’applique aussi dans d’autres programmes au Québec? Je ne comprenais pas plus qu’on puisse considérer la dépendance économique envers une autre personne comme une solution acceptable avant de recourir au soutien de l’État, même quand le revenu de l’autre personne est nettement insuffisant pour deux personnes. À titre d’exemple, en 2026, dans le programme d’aide sociale, un revenu de 1 583 $ par mois est considéré comme suffisant pour qu’un ménage devienne inadmissible, soit l’équivalent de 18 996 $ par année. Que deviennent l’autonomie, la liberté de choix et la sécurité des personnes, particulièrement des femmes, lorsque l’État considère comme acceptable que les règles d’une aide de dernier recours imposent une dépendance économique entre deux personnes? J’avais besoin de passer à l’action, alors j’ai commencé à militer activement avec des groupes mobilisés sur la vie maritale. Ça m’a fait découvrir des réalités très variées et des contextes que je n’aurais jamais imaginés. À mesure que je comprenais mieux la règle, certains liens devenaient de plus en plus difficiles à ignorer : avec l’autonomie financière, l’aggravation de la précarité, le logement, l’endettement, l’itinérance, la violence conjugale et le respect des droits. J’ai aussi découvert que cet enjeu était loin d’être nouveau et qu’il faisait depuis longtemps l’objet de luttes féministes. Dès les années 1980, la vie maritale était au cœur des contestations entourant les « boubou-macoutes », ces agents de l’aide sociale connus pour leurs visites intrusives chez les prestataires. Cette mobilisation a forcé le gouvernement à revoir ses méthodes d’enquête, mais la logique de fond de la règle est demeurée. Ce qui peut sembler être une économie à court terme sur les dépenses d’assistance sociale peut en fait entraîner d’autres coûts dans les services publics et les prolonger dans le temps. Faire référence au couple et à la vie maritale peut donner une impression d’équité dans le traitement des couples. Pourtant, dans un contexte de dernier recours, le statut de couple entraîne des conséquences beaucoup plus dommageables pour les personnes touchées et peut avoir des effets durables sur leur parcours, voire sur les générations suivantes. Je rappelle maintenant que, dans les programmes d’assistance sociale, une cohabitation d’un an ou plus et de simples formes d’entraide peuvent suffire à appliquer un statut de couple à deux personnes. Pourquoi pénaliser la cohabitation et l’entraide, surtout en période de crise du coût de la vie, de pénurie de logement réellement abordable et de l’itinérance ?
Angles morts
Les statistiques sur l’assistance sociale montrent essentiellement les personnes qui sont dans les programmes à un moment donné. Elles ne montrent pas les personnes qui sont refusées, celles dont la prestation est réduite ou retirée, celles à qui on réclame le remboursement de sommes déjà versées, ni les choix qu’elles ont dû faire. Les conséquences ne s’arrêtent pas non plus à la personne directement touchée. À travers mes expériences et celles qui m’ont été partagées, j’ai pu constater qu’elles peuvent aussi affecter les autres personnes du ménage, et parfois même l’entourage. Que nous apprendraient les données qui manquent à ces portraits? Pour mieux comprendre la pauvreté, il me semble important d’en avoir une vue aussi complète que possible. Et pour évaluer l’efficacité d’un programme d’aide, il faut aussi pouvoir regarder les personnes qu’il ne rejoint pas. Leur absence dans ces portraits statistiques ne veut pas dire qu’elles n’en avaient pas besoin. Il reste encore beaucoup à creuser pour arriver à un portrait plus fidèle de la réalité, qui permettrait de mieux comprendre ces situations et d’agir aux bons endroits.
Santé, qualité de vie, système de santé
Comment les outils d’intelligence artificielle (ou d’autres nouvelles technologies) peuvent-ils, de manière éthique et sécuritaire, faciliter et accélérer le diagnostic des conditions chroniques associées aux infections (CCAI, comme la COVID longue) ou des maladies rares au Québec, du point de vue des citoyens/patients et des cliniciens ?
Infecté par la COVID-19 dès mars 2020, j’ai développé une fatigue invalidante et un malaise post-effort que personne n’était capable d’expliquer, et j’ai attendu 18 mois avant même de connaître l’existence du concept de COVID longue : mon propre parcours illustre l’errance diagnostique que vivent de nombreuses personnes atteintes d’une condition chronique associée à une infection (CCAI). Cette lacune n’est pas qu’individuelle : les CCAI et les maladies rares ne font actuellement pas l’objet d’un enseignement dédié dans le cursus des étudiants, et les formations existantes sur le sujet demeurent facultatives, donc rien n’oblige un clinicien à les suivre ou à les connaître. Les connaissances scientifiques sur ces conditions émergentes évoluent d’ailleurs plus vite que le cursus médical ne peut suivre. Je me questionne donc sur la capacité des outils d’intelligence artificielle à intégrer ces connaissances plus rapidement que les professionnels de la santé, et à soutenir ainsi un diagnostic plus rapide, sans remplacer leur jugement clinique. Il faut aussi se demander comment les cliniciens accueillent un citoyen ou une patiente qui arrive à sa consultation déjà préparé grâce à l’IA : un outil utile, ou une source de méfiance ? Ce projet doit enfin interroger, de façon éthique et sécuritaire, ce qu’il advient des données personnelles de santé transmises à ces outils.
Comment prévenir ou guérir de l’épuisement (professionnel, émotionnel, familial ou parental) par l’éducation à la neuroscience?
Travailleuse sociale de formation depuis 35 ans, je suis employée dans un centre de formation professionnelle d’un centre de service scolaire. J’avais, depuis un certain temps, des signes évidents d’épuisement. Mais je n’ai pas écouté mon corps, et mes limites.
Après la COVID-19, je suis partie en congé maladie de longue durée à cause d’épuisement personnel et professionnel. Ayant une forte croyance en la force d’autonomisation des individus, j’ai commencé à participer à des ateliers d’auto-soin et d’auto-guérison. J’ai écouté des conférences, des symposiums, des vidéos en ligne. Je me suis également informée sur le processus physiologique, neurologique et psychologique de l’épuisement. Une fois que j’ai compris le mécanisme neurophysiologique et psychologique de mon problème de santé, j’ai pu canaliser mes efforts vers des traitements et des thérapies mieux adaptés à ma réalité. Mon enfant a pu retrouver sa mère en santé, et ne plus avoir à être témoins de sa souffrance.
SI j’avais eu ces connaissances avant, j’aurais probablement écouté les signaux de mon corps et éviter l’épuisement. Je crois fortement que ma démarche a été bénéfique pour les professionnels qui travaillaient avec moi car je pense avoir pu mieux collaborer avec le personnel de soin. Je me demande donc: les personnes vivant des situations similaires peuvent-elles se rétablir plus rapidement grâce à une meilleure compréhension de leur état neurophysiologique ? Peut-on prévenir l’épuisement (qu’il soit professionnel, émotionnel, familial ou parental) et aider les personnes à mieux gérer leurs charges et leurs responsabilités grâce à la formation précoce sur la neuroscience ? Si oui, cela représenterait un coût moindre pour le système de santé. Voilà ce qui me motive à chercher une approche scientifique de prévention de l’épuisement et rendre accessible les outils de la neuroscience au grand public.
Étant donné l’incidence élevée de la sclérose latérale amyotrophique au Québec et les soupçons de facteurs environnementaux, comment renforcer la documentation et l’analyse des cas, afin d’identifier des liens possibles avec des polluants ou des conditions environnementales, et ainsi ouvrir de nouvelles pistes de recherche ?
Mon questionnement vient de différents constats. Le taux d’incidence de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) a augmenté au Québec de façon significative et serait même deux fois supérieur à ce qu’on peut voir ailleurs en Occident (source Mme Isabelle Goupil, dir. Santé publique Capitale-Nationale). Suite au décès de mon grand ami de la SLA l’an dernier à l’âge de 69 ans, sa conjointe m’a témoigné de son exposition probable à des polluants chimiques dans une usine d’impression de T-shirts. Aussi l’émission Enquête d’octobre 2025 pointait les cyanobactéries comme cause possible ainsi que les émissions de l’usine Domtar à Windsor et la possibilité d’effets cumulatifs. Le fait que mon ami habitait à proximité d’une usine semblable à Limoilou (White Birch). Enfin, je suis retraité et disponible à donner de mon temps pour une telle cause. Je ne pourrai jamais envisager faire ça seul, le programme Engagement m’apparaît donc une voie extrêmement intéressante grâce à la possibilité de s’adjoindre un chercheur ou une chercheuse.
Comment les expériences émotionnelles et traumatiques influencent-elles la communication, le langage et le bien-être des personnes vivant avec un trouble développemental du langage (TDL), et comment mieux distinguer les manifestations associées à chacun de ces enjeux afin de mieux orienter l'accompagnement et les interventions ?
J’ai trois enfants qui ont un trouble développemental du langage (TDL). Je me rends compte, au fil des années et des apprentissages, que j’ai moi aussi certaines difficultés langagières. Il m’arrive de vivre des sortes de « bugs » lorsque je vis une émotion forte, au point où je n’arrive plus à m’exprimer.
Cependant, je vis aussi avec un trouble de stress post-traumatique complexe. Je me demande comment les traumatismes et les épreuves de la vie peuvent interférer avec un handicap langagier, et comment distinguer les difficultés qui relèvent du TDL de celles qui sont associées au traumatisme ou au stress, afin de mieux orienter le soutien, les interventions et l’accompagnement des personnes concernées.
Comment la technologie actuelle et les nouvelles solutions pourraient encore améliorer la qualité de vie d'une personne ayant vécu une hémorragie cérébrale en 2001 ?
Je vis actuellement avec les séquelles de l’AVC et je me questionne sur les nouvelles découvertes qui pourraient encore améliorer ma vie au quotidien.
Sachant qu’un enfant atteint de la maladie de Hunter peut se développer normalement lorsqu’il est tout petit, puis perdre progressivement des capacités, comment pourrait-on protéger son cerveau pour ralentir ce déclin?
Je suis une amie proche de la mère d’un garçon atteint de la maladie de Hunter. Mes deux fils sont amis de son garçon. Le voir perdre progressivement ses capacités nous touche profondément et suscite des questions auxquelles je ne sais pas répondre. J’aimerais comprendre ce qui se passe dans son cerveau et pourquoi un enfant qui semblait bien se développer peut ensuite décliner. Je voudrais notamment savoir s’il existe des moyens pour ralentir ce déclin. Sans expérience en recherche, je souhaite faire un projet avec une chercheuse pour découvrir comment les scientifiques étudient cette maladie et explorent de nouvelles pistes de traitement. Enfin, j’aimerais partager ce que j’aurai appris dans des mots simples, afin de rendre l’information plus accessible à mes enfants et à tous les proches de familles qui vivent de tels défis.
Pourquoi le cerveau crée des pensées qui compromettent son bien-être?
On dit que l’humain n’utilise qu’un faible pourcentage des capacités de son cerveau et pourtant dans cette petite étendue se retrouve un vaste champ de conditions mentales qui peuvent mettre en danger sa survie. J’ai moi-même plusieurs pensées qui me surprennent. Je ne comprends pas l’autosabotage des humains.
Quelles sont les effets positifs de la méditation quotidienne sur la structure neuronale du cerveau?
Je crois que la méditation peut amener beaucoup de positif et de bienfaits dans la vie de plusieurs personnes!
Quels coûts publics l'approche de la pédiatrie sociale en communauté permet t-elle d’éviter ou de différer, comparativement à une trajectoire sans ce suivi, et quel est le rendement social par dollar investi ?
Comme directeur général du Centre de pédiatrie sociale communautaire de Lachine, je vois chaque jour ce que notre accompagnement change dans la vie des enfants et de leurs familles. Un placement évité, un enfant qui reste à l’école, une famille qui reprend pied avant que la situation ne se détériore. Nos intervenants le constatent sur le terrain, mais ces retombées restent difficiles à démontrer en chiffres.
Nous avons des histoires, mais nous ne sommes pas en mesure de traduire comment notre intervention permet d’éviter à l’État en protection de la jeunesse, en santé et en éducation, en termes de réduction de couts. Je crois profondément en la pédiatrie sociale en communauté, et je crois que sa valeur repose sur des données solides plutôt que sur nos seules convictions.
C’est pourquoi j’aimerais m’appuyer sur la recherche pour donner une crédibilité scientifique à notre approche. Collaborer avec un chercheur ou une chercheuse permettrait d’obtenir des résultats fiables, utiles à notre organisme comme à l’ensemble du réseau de la pédiatrie sociale au Québec, et de mieux éclairer les décisions publiques sur la prévention auprès des enfants vulnérables.
Urbanisme
(À venir)
Questions proposées par les citoyennes et citoyens antérieurement
Vous pouvez aussi consulter les questions des concours précédents pour vous inspirer: